Actuellement en direct

 

 

107.3 Le Mans

Nous sourions du dedans.
Ce sourire nous le cachons maintenant
Illégal, le sourire
comme illégal est devenu le soleil,
Illégale, la vérité.
Nous cachons notre sourire comme nous cachons
dans notre poche la photo de notre bien-aimée
comme nous cachons l’idée de la liberté dans les plis
de notre cœur ;
Tous, ici-bas avons un seul ciel et le même sourire.
Demain, peut-être prendront-ils nos vies,
Ce sourire et ce ciel, ils ne peuvent pas nous les prendre.

Yannis Ritsos
Création sonore – Romain Allinant

Né le 1er mai 1909, à Monemvassia, en Laconie, Yannis Ritsos est le cadet d’une famille de grands propriétaires terriens, qui est tôt ravagée : le grand-père (qui a constitué la fortune familiale) est assassiné en 1910.
Contraint d’abandonner ses études, Ritsos gagne Athènes. La vie est des plus précaires dans la Grèce, qui plus est, du dictateur Pangalos. Ses deux ressources seront : la poésie et la Révolution. Porté par un idéal de fraternité et de justice contre la dictature de droite qui accable son pays, Ritsos adhère au Parti communiste grec, en 1931. Il devient responsable de la section artistique du Club ouvrier. Son engagement poétique et politique, Ritsos le paye au prix le plus cher, dans les camps de « rééducation nationale », après la Guerre civile, qui déchire le pays au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Durant sa vie, Ritsos connaît, à l’instar de la Grèce, d’interminables années noires : la Dictature de Metaxas de 1936 à 1941, la Guerre d’Albanie, l’Occupation nazie et la grande famine, la Résistance, la Guerre civile de 1947 à 1949 et la junte des Colonels de 1967 à 1974. Comme bien d’autres, il paye de sa personne durant la Terreur blanche, qui voit les Résistants grecs de gauche, qui ont libéré le pays, être arrêtés, torturés, exécutés ou déportés. Ritsos est déporté et emprisonné, dans de terribles conditions, de 1948 à 1952, sur des îles : Lemnos, Makronissos, puis, Aï-Stratis. Déporté, Ritsos l’est à nouveau, de 1967 à 1972, sous la Dictature des Colonels, dans l’île de Yaros, puis dans l’île de Léros (au sinistre camp de Parthéni) et dans celle de Samos (à Karlovassi). Le poète paye son engagement contre la droite fasciste.
À la chute des Colonels en 1974, Ritsos acquiert, avec la liberté, un statut de poète national.

2 Studios
radiophoniques