Actuellement en direct

 

 

107.3 Le Mans

Pour cette nouvelle émission de « C’est d’Actu », Robin Hulin recevait le metteur en scène Kheireddine Lardjam. Il est venu parler de ses deux représentations « End/Igné » et « Fièvres, généalogie d’une insurrection », qui auront lieu à la salle EVE de l’Université du Mans les 18 et 19 mars. Ces deux spectacles, centrés sur l’Algérie et sa situation actuelle, mettent en avant le portrait d’un personnage seul sur scène à chaque fois. Deux histoires qui se suivent et se complètent. Surtout, le 18 mars seront célébré les 60 ans des accords d’Evian, qui ouvraient la porte de l’indépendance pour l’Algérie, et celle d’une nouvelle histoire.

Par l’humour, pour le dramatique

La première pièce que présente Kheireddine Lardjam, « End/Igné », a été écrite par le célèbre auteur Mustapha Benfodil en 2013. Il a décidé de s’inspirer d’un drame pour cette histoire. Celui d’un jeune homme en Tunisie qui s’est immolé par le feu dans la rue. Un acte de désespoir qui suscitera l’indignation, puis la rébellion. Le début de la révolution et du printemps arabe selon certains.

Dans cette pièce donc, écrite de façon humoristique selon lui, l’histoire raconte celle d’un jeune homme qui est laveur de morts dans une morgue. Un jour, il reçoit le corps calciné de son ami qui s’est suicidé. Dans ce monologue, le comédien Azeddine Bénamara essaye de comprendre ce geste. « Ce qui m’a intéressé, c’est de mettre en avant, comment le corps devient un moyen, un outil pour se révolter », explique Kheireddine Lardjam. Il a donc voulu parler de ce thème dramatique et sensible de façon humoristique. « Quand on s’attaque à des sujets comme ça lugubres et lourds, c’est l’humour le point de départ. On a imaginé une histoire assez drôle, même si l’histoire se déroule dans une morgue », selon lui.

L’humour permet de dialoguer et de communiquer avec les gens. Tel est le message du travail de Kheireddine Lardjam.

A travers ces spectacles, évoquer l’Algérie d’aujourd’hui

Le deuxième spectacle, « Fièvres, généalogie d’une insurrection », est présenté comme une suite logique « End/Igné ». Cette fois, c’est Dounia, l’ancienne épouse du défunt qui s’est suicidé dans les flammes, qui est au centre de l’attention. Interprétée par la comédienne Hiba El Aflahi, la jeune femme monologue. Elle raconte ses combats, ses colères et ses espoirs. Il est question de luttes sociales. Cette pièce récente, fait notamment écho aux Hirak, ces mouvements de manifestations en Algérie en 2019.

Ce sont ces événements qui ont donc donné envie à Kheireddine Lardjam d’écrire sur l’Algérie actuelle. « C’est toute cette jeunesse qui est sortie et a poussé Bouteflika a démissionné, qui m’a donné envie d’en parler ». Selon lui, beaucoup de gens en France ont regardé ces événements en pensant que l’Algérie « se réveillait enfin », mais c’est faux. « L’Algérie ne se réveille pas ! C’est vous en France qui vous réveillez et votre intérêt en même temps. Ce mouvement de plusieurs milliers d’algériens, c’est le fruit de plusieurs années de manifestations ».

Ce qui a intéressé Kheireddine Lardjam dans ces deux créations c’est avant tout d’évoquer l’Algérie d’aujourd’hui. Où en est la société actuellement, et ses principaux combats ?

2 Studios
radiophoniques